Sunday, February 21, 2010

Ces Libanais qui ont envahi la mode!

Les robes sont échancrées, les décolletés plongeants, les talons vertigineux, et les nombrils parfois s’exposent avec autant d’arrogance que les chutes de rein. En plein coeur d’un monde arabe où le vêtement féminin va en général du discret au répressif, le Liban, pluriel, schizophrène et fou de mode, a donné naissance à une quantité impressionnante de stylistes à la réputation internationale qu’on s’arrache désormais en Occident.

« Le nom de Liban a toujours été synonyme de guerre, mais pour ce qui est de la mode… Nous sommes vraiment très fiers de nos stylistes! », s’exclame Laura Seikaly, 39 ans, en train de bronzer sur une plage bondée du nord de Beyrouth: « Je crois que ça vient de la société elle-même, de la manière dont s’habillent les Libanaises. Elles sont très courageuses, même plus que les Européennes".

Le plus connu de ces créateurs, leur icône, c’est sans aucun doute Elie Saab: catapulté super-star en 2002, lorsque la sculpturale actrice Halle Berry accepta son Oscar moulée dans une de ses somptueuses robes brodées lie-de-vin: c’était alors une première pour un styliste du Pays du Cèdre.

Mais la liste est longue: Zuhair Murad, Robert Abi Nader, Georges Chakra, Georges Hobeika, Abed Mahfouz ou encore la New-Yorkaise Reem Acra, connue pour ses délicieuses robes de mariée à broderies, qui habille des « people » comme Eva Longoria, Kate Beckinsale et Jill Biden, l’épouse du vice-président américain.

La mode libanaise est à l’image du pays: une société pluraliste et multiconfessionnelle avec 18 appartenances religieuses différentes, une population musulmane à environ 60%, contre 40% de chrétiens, le seul pays arabe dont le chef d’Etat est chrétien…

Et aussi le cosmopolitisme d’une société urbaine et dynamique, un goût d’Europe, un héritage colonial français, une tradition de tolérance, une vaste diaspora, estimée à environ huit millions de personnes, soit deux fois la population du pays, éparpillée aux quatre coins du monde, aussi loin que le Brésil ou l’Australie.

« Les Libanais sont éduqués, modernes, ils voyagent (…) Tout ça contribue à les rendre talentueux dans de nombreux domaines », estime Zahir Murad, vite devenu un des chouchous d’Hollywood: c’est dans une de ses robes en soie bleu électrique que la jet-setteuse Paris Hilton s’est faite remarquer cette année aux Golden Globes. Une consécration, en somme…
Il estime que les créateurs libanais, qu’on s’arrache aujourd’hui, viennent de loin. Difficile de s’imposer quand on vient d’un si petit pays toujours en conflit, qui a survécu à une interminable guerre civile (1975-90), une invasion israélienne (1982) puis une nouvelle guerre Israël-Hezbollah en 2006: « C’est difficile pour nous de nous présenter à la presse, aux clients, aux nouveaux marchés, comme les Américains et Européens. Rien que de faire un défilé, c’était un rêve, de créer une collection et de la présenter au public », explique Zahir Murad.




Au Proche-Orient, la réputation de Beyrouth capitale de la mode n’est plus à faire. On s’y met sur son trente-et-un pour un rien, le glamour est une seconde nature, les femmes consacrent énormément de temps et d’argent à leur maquillage, leur coiffure et à leurs accessoires, et aiment à dévoiler des quantités invraisemblables de peau dénudée. Et si c’est principalement surtout le cas des chrétiennes, les musulmanes ne sont parfois pas en reste. Quant aux hommes, ils ne résistent pas aux accessoires griffés: lunettes, chaussures, stylos, briquets, portefeuilles…


« Les Libanais sont très élégants, même les hommes. Ils aiment la mode », note Robert Abi Nader, parfois qualifié de roi de la haute couture proche-orientale.


Le Pays du Cèdre lui-même n’est pas en reste, d’une beauté à couper le souffle. « Je m’inspire de la culture proche-orientale, particulièrement Beyrouth, la richesse de sa culture et de son décor. D’où ma sensibilité aux couleurs chaudes et aux tissus travaillés », explique Elie Saab.

il cousait des vêtements pour ses soeurs avec le moindre bout de tissu, rideaux ou nappes… Avant d’ouvrir son propre atelier en 1982, en pleine guerre, et d’étudier la mode à Paris. En mai 2003, il confirmait son entrée dans la cour des grands, invité à adhérer au saint des saints de la haute couture française, la prestigieuse Chambre syndicale de la couture parisienne.

Depuis, à 45 ans, il habille Beyoncé, Elizabeth Hurley, Catherine Zeta-Jones ou encore Angelina Jolie, en robe-bustier noire cette année aux Oscars. Et la très fashionista Rania de Jordanie est une de ses plus fidèles clientes.

Saab est aujourd’hui ambitieux pour les autres: il veut faire de Beyrouth une étape sur la carte internationale de la mode, avec une Semaine de la mode en préparation. Et en 2006, à l’heure où les bombes israéliennes pleuvaient sur Beyrouth, les mannequins du défilé Elie Saab à Paris étaient vêtues d’or, hommage au « soleil qui brille sur Beyrouth ».

Les sirènes d’Hollywood n’ont pas remplacé celles de Beyrouth dans le coeur d’Elie Saab. Dans ce contexte, Nadine EL Rassi, une des plus belles models du Liban qui nous a marque depuis longtemps dans le monde de la mode,et que nous connaissons maintenant en tant qu'actrice, considère que la source de la beauté est la beauté du don et de la culture.



Profondément attaché au Liban et aux Libanaises, Elie saab s'exprime:
" Elles ont été mes toutes premières clientes. Et ce sont toujours elles qui me font aimer l’élégance autour de moi"

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